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 Écriture

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MessageSujet: Re: Écriture   Mer 11 Juil - 13:34

II.



Rapport de police du jeudi 8 mai. Affaire poisson rouge. État à 1h37. Cette nuit, peu avant minuit, un fou s'est attaqué à un aquarium. Il a brisé la vitre de la porte d'entrée, mais n'a, à première vue, rien emporté. Rien n'a été pris dans la caisse, d'après le gérant, et aucun poisson ne manque. Il en aurait juste tué deux, deux poissons rouges sans valeur. Il aurait fait tomber une pile de dessins de gosses auquel il ne tenait pas dans l'eau du bocal brisé, ainsi que la lampe du bureau, ce qui a créé un court-jus dans l'immeuble. Rien de grave, l'électricité a été rétablie en quelques minutes. Aucune alarme, aucune vidéo-surveillance. Aucun moyen de savoir qui était cet homme. Comme nous, le gérant sait qu'il y a peu de chances qu'on le retrouve. Sans doute un détraqué qui a pété les plombs du jour au lendemain. Nous continuons l'enquête, allons interroger les voisins et les passants.
État à 2h07. Nous avons bouclé le secteur. Une femme est venue nous demander ce qui se passait. Nous lui avons demandé si elle avait entendu quelque chose. Elle nous a dit seulement se souvenir de quelque chose qui l'a réveillée, sans savoir ce que c'était. Elle a ajouté qu'ensuite elle a entendu une énorme explosion. Nous avons fait le tour du quartier et avons trouvé une moto en pièce. Nous avons mis en lien les deux événements et mettons la barre plus haut. Nous allons approfondir les recherches pour trouver ce qui s'est passé. Selon moi, on a affaire à un vrai cinglé. Il faut trouver au plus vite quelqu'un pour l'identifier. Il est peut-être dangereux.
4h00. Apparemment, cette explosion n'était pas le fruit du hasard. Un explosif aurait été placé volontairement sur le véhicule. Elle était en marche lorsque l'explosion a eu lieu. Un homme était dessus. Peut-être était-ce celui que nous cherchons ? Nous n'avons encore personne pour l'identifier. Si on ne trouve personne d'ici ce soir, je demanderai à ce que l'affaire soit classée. C'était sans doute un homme humilié, traqué, qui est arrivé à bout de nerfs. Des gens qui en voulaient, et cette nuit ils sont allés très loin. Pourquoi chercher plus loin ?




II.



Je suis inspecteur de police. En ce moment, je suis sur une affaire assez étrange. Je n'en dirai pas plus. Quoiqu'il en soit, j'étais de garde cette nuit, et c'est évidemment ce jour là que je dois m'y coller. J'ai dû rester éveillé jusqu'à 5h du matin. Et je dois reprendre à 12h30. Je n'ai presque pas dormi, je suis crevé. Et cette histoire est tellement sordide que je suis déprimé. J'essaye de me mettre à la place de ce gars...
Quelqu'un lui en voulait. Et lui, innocent, gentil, n'avait rien demandé à personne. Mais un de ces tyrans assoiffée de pouvoir lui a ôté la vie. Maintenant il doit être heureux, sur son nuage, loin de la stupidité humaine. La paix éternelle. Et moi, un type comme les autres, auquel on a confié la mission de trouver pourquoi il est mort et de punir le coupable. Mais qu'est-ce que ça changera ? Il ne va pas redescendre de son nuage. Tout ce que je fais, c'est en vain, je cherche juste à me donner bonne conscience.
Il est bientôt midi. Je roule dans ma modeste petite voiture verte en direction du poste de police. Je suis toujours aussi crevé, déprimé. J'ai un peu bu. Cette mort me pèse. J'essaye de penser à autre chose. La radio est allumée. De la musique. Ça me calme. Un peu. Ça s'arrête. Les informations. Ils commencent à parler politique. Une présidente a été élue. C'est une première dans l'histoire. Pff... Encore une femme. Si ça continue, à force de prôner l'égalité, ce seront elles, les maîtresses du monde. Et nous les esclaves. On est déjà si faibles face à elles, on ferait tout pour pouvoir les voir sourire. Tout. On est déjà leur esclave. Ne peut-on donc pas garder un peu de liberté ?
Faits divers. Une moto a explosé en plein centre-ville cette nuit. Un seul mort et trois voitures sérieusement endommagées. Aucun témoin. Cause de l'explosion inconnue. La police veut classer l'affaire. Encore des incompétents qui ne trouvent jamais rien. Mais que devient la police ?
Quoi ?! Incompétents ?! Non mais tu te prends pour qui ?! Incompétent toi même, avec tes informations !
Je me suis emporté dans ma colère. J'ai frappé la radio, j'ai perdu le contrôle du véhicule et suis rentré droit dans une jeune fille qui courait au travers de la route. Elle est morte sur le coup. Bilan : Sur un lit d'hôpital pour deux mois, fracture du crâne et au bras droit, deux côtes cassées, une facture salée (je n'avais pas payé mes assurances depuis quelques temps), une amende salée elle aussi pour conduite dans un véhicule ne suivant pas les normes, conduite en état d'ébriété, et une ou deux autres choses du genre, et pour couronner le tout, suspendu de mes fonctions pour un temps indéterminé. L'affaire a été confiée à quelqu'un d'autre. Il veut poursuivre l'enquête. C'est beau, la vie.




II.



*Baille*. J'ai bien dormi. Enfin. Ça va. Pas très confortable ce banc. Tiens ? Des gens se rassemblent. Il s'est passé quelque chose ?
Lorsque je marche vers le lieu de l'accident – comme il y en a tant dans cette décadente ville – je croise un jeune homme. Il pleure, un bouquin à la main. Il ne s'est pas retourné, il ne m'a pas vu. Ah, cette jeunesse... Les gosses ne regardent plus autour d'eux, ils sont dans leur monde, dans leur idéal, dans un monde qu'ils se sont créé. Comme mon voisin. Il croit être dans le meilleur des mondes avec plein de nounours roses partout. Ces gens sont bien loin de la réalité. Ils ne se sont pas encore retrouvés seuls, véritablement seuls, à se poser les vraies questions sur qui on est, sur ce qu'on fout sur cette terre. Ils ne se sont pas encore dit que tout ce qu'on a construit pendant des années, on peut tout balancer. On n'a qu'une vie, autant en profiter, plutôt que de suivre une ligne droite toute tracée ! Sortez de cette nostalgie qui vous ronge de l'intérieur ! Hier soir tout est sorti et je me sens mieux. Bien mieux. Je n'ai plus d'avenir. Rien. Pas la moindre accroche, aucun but.
Une jeune fille morte. Une voiture lui est rentré dedans. Lorsque je vois cette jeune fille, j'ai un choc. Je l'ai déjà vue. Je ne sais pas où, mais je l'ai déjà vue. Quelque part... Je crois... Oui, je crois qu'elle est venue une fois ou deux chez les voisins. Qui était-elle pour eux ? Je n'en sais rien. Elle a l'air triste. Comme si... elle avait un but inachevé. Comme si elle s'en était allée trop tôt. Une femme... Je ne les connais pas. Pour moi c'est un autre monde. Mais en la voyant, j'ai eu l'impression qu'elle avait un but. Est-ce bien possible ? Comment ? Lequel ? Que voulait faire cette personne avant de mourir ? Je n'en ai pas, je dois avoir raté quelque chose d'important si toute sa vie elle rêvait de ça ! Ahh.. J'ai mal au crâne ! Je pleure. Pourquoi ? Je ne sais pas. J'ai plein de pensées qui me traversent l'esprit. Je ne sais pas ce qui se passe... Quelque chose est-il en train de changer en moi...?






II.




Second rapport de police du jeudi 8 mai. Affaire poisson rouge. Nouvel inspecteur nommé pour l'enquête. Je crois invraisemblable les suppositions de l'ancien inspecteur. Je suis convaincu que l'homme sur la moto était un autre que l'homme qui a infiltré l'aquarium, que c'est ce fou furieux qui a placé l'explosif sur la moto. Il coure toujours dans la nature, et risque de recommencer ce soir. Je le trouverai. Un meurtrier revient toujours sur les lieux du crime. Je vais faire surveiller la zone.






II.




Je remplace un inspecteur déjanté. Il était vieux et avait des idées bizarres. Il a été – officiellement – suspendu (officieusement renvoyé, mais ça il ne le saura qu'en revenant de son séjour bien mérité à l'hôpital), amendé pour avoir trop bu et avoir tué une fillette. Il est endetté jusqu'au cou, son assurance ne veut rien payer. Un alcoolique. Ça ne m'étonnerait même pas qu'en plus il fume et se drogue. Aucune humanité. Un de ces vieux aigris sans soeur qui ne cherchent pas plus loin que leur nez, qui se saoulent à longueur de journée. C'est pathétique. Et ils arrivent à garder leur grade. Ah ! Heureusement que je suis là pour tout remettre en ordre.
Moi et quelques hommes sommes proche de l'aquarium, habillés en civile (il ne faudrait pas que notre homme prenne peur et s'enfuie). On est assez dispersé. Je reste pas loin de la porte. Elle donne sur le lac. Ces mouettes, elles m'énervent ! Qu'elles aillent crier ailleurs ! J'ai du boulot moi !
J'observe les passants, tout en restant discret. D'abord, il y a une couple. Ils ont deux enfants. L'un d'eux est noir, bien que l'autre et les parents soient blancs. Ça me fait bizarre. Pourquoi ils l'ont adopté alors qu'ils pouvaient avoir un enfant eux-même ? Une future racaille qui va encore nous donner du fil à retordre... Ça me dépasse...
Le père. La quarantaine. Il a une cicatrice sur le front, les cheveux blonds très courts – comme si on l'avait rasé récemment –, T-shirt sans manche, pantalon noir. Il a l'air de se sentir bien, décontracté, souriant. Il embrasse sa femme et prend ses deux fils dans ses bras. Il tourne, tourne encore. Et la mère sourit. C'est beau de voir des gens comme ça. C'est si rare, des gens heureux. Les deux enfants sourient, rient. C'est attendrissant. Ils tournent, tournent encore. Ils pourraient continuer longtemps. Il ne s'en lassent pas.
Le petit noir m'a adressé un regard. Il était gorgé d'affection. J'ai été touché. Et là j'ai compris quelque chose d'important. Ne pas se fier aux apparences. N'importe qui peut être bon ou mauvais, peu importe à quoi il ressemble. Une jolie petite fille est capable des pires cruautés, tout comme ce petit être vivant à la peau plus foncée que les autres est capable d'être le plus beau des anges. J'en ai les larmes aux yeux.
Ensuite, je vois un homme passer à côté de moi, il ne m'a sans doute pas remarqué. Il a l'air perdu, déboussolé. Il pleure, tout comme moi. Il s'est mis sur le petit muret qui donne sur le lac, juste en face de moi. Je l'entend renifler, gémir. Quelque chose de très émouvant doit lui être arrivé. Plus le temps passe, plus il pleure fort. J'entends presque chacune de ses larmes tomber tant elles sont lourdes et porteuses d'émotion. Je n'en peut plus, c'est si émouvant que je met à pleurer encore plus fort. Ce n'est plus supportable... J'ai un boulot à faire, et ce gars est en train de me faire chialer comme un gosse... Je demande d'un signe de la main de faire partir ce gars. De toute façon, celui que nous cherchons ne peut pas être lui, un gars qui pose une bombe et saccage une baraque ne peut pas être aussi sensible que lui. Un de mes hommes va vers lui et lui demande gentiment de s'en aller, le prend par le bras et l'accompagne quelques mètres.
Le reste de la journée, je retrouve un peu de mon sérieux, mais pas sans peine. Je suis toujours troublé. Et je n'ai vu personne de suspect. Peut-être que mon prédécesseur avait raison, finalement. On ne trouvera rien. Enfin. On verra demain.






I.





J'ai une grande soeur, et une plus petite. L'une a trente-deux ans, mariée, et la seconde dix-sept. On ne se voit plus tant, les trois. Depuis qu'elle s'est mariée, ma grande soeur a changé. Avant, on se voyait tous les week-ends, pour discuter, de tout est de rien, de nos semaines, de nos amours, de notre avenir. Maintenant, je ne la vois plus. Elle reste chez elle. Ou si elle sort, je ne la vois pas. Je passe souvent devant chez elle lorsque je vais travailler, mais je ne l'ai jamais vue sortir, ni même me faire un signe. Non. À chaque fois, il y a son mari qui sort et me fait un grand sourire sarcastique avant de claquer la porte derrière lui, ou alors si elle est seule elle me tourne le dos, comme si elle ne m'avais pas vue. Son mari a toujours cet air étrange... Il a à la fois l'air d'être un ange, le plus gentil homme de la planète attendrissant et attentionné, mais lorsque je le regarde dans les yeux, il a cet air de démon, d'être mauvais qui cherche par tous les moyens d'éloigner toute luisance pour exécuter son plan démoniaque. Depuis ce mariage, je n'ai plus aucune nouvelle d'elle. Je ne sais pas ce qui se passe dans cette maison, si je suis folle et que je me fais des idées, s'il n'est tout de même pas cet être parfait qu'elle cherchait et qui maintenant la rend si heureuse qu'elle ne veut plus quitter sa demeure. Je ne sais pas.
Aujourd'hui, je dois voir ma petite soeur, au soir, dans un coin tranquille. Elle m'a dit vouloir me parler de quelque chose d'important, qu'elle ne dirait à personne, pas même son journal intime. Sauf qu'elle ne vient pas. J'attends, seule dans un petit bar. Très joli bar, d'ailleurs. Tout est en bois, les chaises sont confortables, et le gérant très gentil. Elle ne viens pas. J'attends. Il voit que je reste seule, alors il vent vers moi, et nous discutons. Ça dure toute la soirée, jusqu'à minuit; il me raconte sa vie, et moi la mienne. Une bonne rencontre d'un soir. C'est si agréable.
Souvent, avec les gens, lorsque je les rencontre pour la première fois, je m'amuse. Et puis j'ai envie de la voir une seconde fois. Et ainsi de suite. Et puis arrive un moment où lui veut me voir. Et ne n'ai pas envie. Il insiste, plusieurs fois, et ces fois là je ne peux pas, ça tombe mal. Et finalement lorsque je peux enfin le revoir, il ne veut plus. Il a trop attendu, il pense que je ne voulais plus lui parler, que je lui en veux de ne pas avoir été à la hauteur les premières fois, qu'il me faut mieux. Mais c'est faux ! Mais allez donc expliquer ça en face de quelqu'un. Je n'y arrive pas. Il y a des choses que l'on osera jamais. C'est pourquoi à présent je ne m'attache plus à de nouvelles personnes. Je n'ai plus que mes deux soeurs, elles sont tout ce qu'il me reste. Maintenant, je profite le plus possible de telles rencontres. Je profite de l'éphémère. Pourquoi vouloir attendre, toujours attendre, espérer que demain, le semaine prochaine, dans un mois on reverra celui qui nous a fait sourire un soir, alors que demain on peut partir pour l'éternité, que nous ne sommes ici que pour quelques insignifiantes années ? Pourquoi se dire que demain ça ira mieux alors que là, maintenant, je peux aller dans un bar comme celui-ci et faire une agréable rencontre qui me remonte le moral ? Parce qu'on a peur ! Parce qu'on aime avoir quelque chose de stable. Qu'est-ce qui me dit que demain je ne vais pas être on ne peut plus seule dans mon désespoir avec personne pour m'aider ? On cherche toujours à avoir une accroche. C'est humain. Et mon accroche, ce sont mes soeurs. Je ne sais pas ce que je ferais sans elles.

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MessageSujet: Re: Écriture   Mer 11 Juil - 13:34

II.





Ce matin, je passe devant chez ma soeur. Elle est dehors. Lorsque je la vois, je me demande si, lorsque je vais lui faire un signe, elle me répondra, ou si comme d'habitude elle va encore m'éviter. Lorsque je l'appelle, elle se retourne. Elle a l'air mal. Des cernes sous les yeux, elle boude, avec de petits yeux. On dirait qu'elle a pris dix ans, qu'elle souffre terriblement et qu'elle a besoin d'aide, qu'elle a besoin de parler, elle me fait signe, elle se met à courir vers moi ! Je suis on ne peut plus heureuse qu'elle veuille enfin me parler, je descend de mon vélo et vais vers elle, mais... À peine a-t-elle fait quelques pas qu'un engin lourd est solide sort de la maison d'en face et lui tombe sur le crâne. Elle s'évanouit, s'effondre à terre. Elle qui est si fragile ! Comment ce type a-t-il pu faire une chose pareille ?! Je sors vite mon portable, appelle les urgences, puis sors un bloc-note dans lequel j'écris le nom du gars de la maison d'en face. Lorsque l'ambulance est arrivée, l'air de rien il est parti, faisant son petit innocent. Des gens comme ça devraient mourir ! Faire du mal à ma soeur, des personnes si fragiles...! Heureusement qu'il y a la justice pour les protéger, parce que sinon...!
Je l'accompagne à l'hôpital. Ils l'ont examinée, et elle ne va pas bien. Pas bien du tout. Ils ont trouvé des bleus un peu partout sur le corps, sans doute dû à des coups violents. Le choc à la tête n'était pas violent, mais vu sa faiblesse, n'importe quoi peut la déstabiliser. Ils lui ont fait une prise de sang pour savoir si autre chose l'a affaibli. Les résultats arriveront demain, voir ce soir avec un peu de chance. Elle doit se reposer, dormir. Je reste quelques heures après d'elle. Je lui met la main sur le bras, et sens son pouls faible. Je reste comme ça plusieurs minutes. Elle ne bouge pas, elle a un masque sur la bouche. Je ferme les yeux, et je sens ce pouls battre, battre lentement... J'ai l'impression qu'elle me parle. Elle me dit qu'elle est malheureuse. Qu'elle regrette ces dernières années. Qu'elle aurait voulu me voir tous les jours, qu'elle est désolée, qu'elle est triste et blessée, sans force, qu'elle a été incapable de le dire avant. Je regarde une dernière fois ce visage blessé. Je sors. Il est passé midi.
Une fois dehors, je n'ai pas faim. Toutes ces émotions... Je me met en marche, prendre l'air, vers le lac, ça me changera les idées. Je marche, tranquillement, entend la douce mélodie des mouettes, des va-et-viens des vagues. C'est si beau, apaisant. Je reçois un coup de fil. Numéro inconnu. J'hésite à répondre. Je répond. Je suis figé sur place. Je ne bouge plus. Le temps est arrêté, je n'entends plus rien, pas même les vagues. Je suis devenue une statue de pierre. C'est un appel de la police. Ils ont retrouvé ma petite soeur morte, victime d'un accident de voiture. Je ne bouge plus, et je sens des larmes s'accumuler, au plus profond de moi, une fontaine de larmes prêtes à être versées, mais qui ne veulent pas sortir. Ma main tremble. Je veux raccrocher, quand la voix reprend. « Il y a autre chose... Je ne sais pas comment vous l'annoncer... Ça doit vraiment être très dur pour vous, mais... votre autre soeur... on a déjà les résultats. On a trouvé des traces d'une substance anormale... Elle a comme propriété de s'infiltrer lentement dans l'organisme et de l'affaiblir peu à peu jusqu'à en mourir. Le temps d'aller sans sa chambre il était trop tard. Je suis désolé... ». Pas besoin de décrire mon état. Je prend mon téléphone, le lance de toutes mes forces par terre, il éclate en morceaux. Ensuite, ensuite...
Lui ! C'est lui ! Le voisin d'en face ! Ce salaud sadique sans coeur ! Prend ça ! Une gifle ! Et une autre ! Ah, t'as mal, hein ?! Non ? Prend en une autre ! Et une autre ! Tu vas payer ! Tu ne le sais pas, mais j'ai ton nom, je vais te le faire payer ! Tu vas partir en prison avec tous les salauds comme toi ! Souffre comme je souffre !
Pendant que je le frappe, il me réagit pas. Il marche, tout droit, sans tourner la tête, sans tourner le regard, toujours tout droit, au même rythme, pas un sourire, pas une larme, pas un regret, juste marcher, tout droit. Je fond en larme, à genoux, main à terre, je ne sais plus quoi faire, je suis perdue. Je n'ai plus rien. Qu'est-ce que je fais encore là...?

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MessageSujet: Re: Écriture   Jeu 12 Juil - 14:44

Vous savez quoi ? J'ai fini mon histoire ! Je l'ai mise au format PDF et sur mon site internet avec une mise en page un peu plus convenable, au format A5 bien aéré. J'ai même corrigé quelques fautes d'orthographe.

Lien :

http://mypage.bluewin.ch/WormsParty/ChambreFroide.pdf

Pour ceux qui n'auraient pas actobat reader (ça arrive), téléchargez-le ici:

http://ardownload.adobe.com/pub/adobe/reader/win/8.x/8.0/fra/AdbeRdr80_fr_FR.exe

Voila, bonne lecture !
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Kuroda
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MessageSujet: Re: Écriture   Jeu 12 Juil - 15:50

Magnifique! Enfin...magnifiquement triste...mais tu a su si bien reproduire les émotions des personnages... Je ne peux que te dire bravo! C'est terriblement émouvant.
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MessageSujet: Re: Écriture   Jeu 12 Juil - 16:54

Merci Smile
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Milo
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MessageSujet: Re: Écriture   Ven 13 Juil - 1:24


_________________
La seule fois où j'ai eu tort c'est quand j'ai cru que j'avais fait une erreur.
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Écriture

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